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Galerie Photos Janvier 2009
Compte Rendu de la Mission à Tacharanne au Mali du 03 au 12 janvier 2009

Bonjour à tous,

Une nouvelle mission vient de se terminer pour moi, au début de cette nouvelle année qui commence et j’en profite pour vous renouveler personnellement tous mes vœux de bonheur, de santé et de paix pour 2009 !
J’ai effectué ce déplacement avec Suzette Laugier, médecin homéopathe qui m’avait déjà accompagnée l’année dernière à la même époque. Nous avons ainsi pu nous mettre au travail très rapidement, chacune de nous reprenant très vite ses habitudes.

Au niveau de l’association locale L’UAVES, qui poursuit nos actions en dehors de mes visites, comme je l’avais annoncé en septembre, Check, mon collaborateur depuis le début, a laissé la place à Job, nouveau venu. De septembre à janvier Job a été formé à cette  relève, et ce jusqu’à mon départ. Il se révèle d’une bonne efficacité et d’une grande motivation. Cela  me permettra de compter sur lui sans crainte.
Un nouveau jeune également de 23 ans a rejoint ce mois-ci le groupe santé à ma grande joie, et nous avons pu débuter sa formation durant ce séjour. Je suis heureuse de constater que la relève est assurée et que nos actions auprès de leurs plus jeunes frères et sœurs, résonnent chez eux.
Nous avons donc bénéficié  d’une chaleur modérée, supportable, pour visiter les 10 quartiers de la rive gauche du fleuve. Déplacements que nous avons faits à pieds n’ayant pas de véhicule cette fois-ci. Dans les 7 autres quartiers, les pesées se feront en février/mars afin de dépister davantage d’enfants susceptibles d’être mis en foyer. Nous serons ainsi plus efficaces.

Il y a pour l’instant très peu d’enfants mal nourris car nous sommes dans la période où le stock des récoltes est encore présent. Un foyer de 7 enfants sera ouvert pour 2 semaines dans un des quartiers le plus pauvre. Les enfants des foyers précédemment ouverts vont tous bien.
Malheureusement, 2008 n’a pas pu fournir les récoltes nécessaires à la survie du village pour la deuxième année consécutive ! Pour exemple, l’agriculteur qui stockait 100 sacs de 50 kilos de riz, n’en aura  cette année que 3.
Un problème grave va se poser dès le mois de février. Le chef du village craint un exode massif des jeunes vers les grandes villes africaines afin de trouver de petits emplois de manœuvres, de « petites  mains », pour nourrir la famille restée au village.
La malnutrition va arriver très précocement chez les plus jeunes.

La pluie a été inexistante sur le village, par contre, ailleurs, il y a eu de fortes averses qui ont entraîné une importante crue du fleuve. En arrivant très brusquement, elle a tout ravagé sur son passage, sans épargner les semences déjà en place. Des terres restent encore sous l’eau, d’autres ont vu les jeunes pousses pourrir à peine sortie du sol.
Il est vrai que depuis 2004 que je vais à Tacharane, je n’avais jamais vu le débordement du fleuve venir aussi près du village !
Les oiseaux, eux aussi, ont leur part de responsabilité cette année ; ils sont venus nombreux, apparemment, afin de trouver de quoi se nourrir.
Le souci reste entier !
C’est pourquoi, les actions de l’association restent indispensables et doivent se renforcer durablement.

Quelques femmes sont motivées pour s’organiser afin de fabriquer elles-mêmes quelques kilos de farine, régulièrement, pour les mettre à la vente dès que les mamans en éprouveront le besoin pour nourrir leurs enfants. Aujourd’hui, trop peu de femmes ont la patience ou la volonté de la fabriquer. L’association va donc aider financièrement ces quelques volontaires et faciliter la mise en place de ce commerce. J’espère ainsi, que la maman qui rencontre une difficulté nutritionnelle avec ses enfants pourra acheter cette farine à un prix abordable.
Pour obtenir les ingrédients de cette farine, il faut du mil, qui pousse sur le village, et du niébé, haricot en grain. C’est dans la production de ce niébé que nous essayons de surmonter les difficultés. Cette plante pousse assez facilement, mais dès qu’elle est en feuilles, les agriculteurs la coupe pour la vendre à prix fort aux éleveurs pour leur bétail. Si la plante est cultivée jusqu’à l’apparition de la graine, la récolte de ce Niébé se vendra moins cher que la feuille ! ! ! Dilemme !
Trois agriculteurs ont promis de laisser pousser la plante jusqu’à la graine afin de soutenir nos actions et se proposent de faire un bilan financier par la suite !
Nous verrons à la prochaine mission ce qu’il en est de ces projets !

Nous avons commencé également durant ma visite, à refaire la formation santé des enfants des rues, des mères et des écoles pour 2009. Job réalise parfaitement cette formation, et fait preuve de grandes compétences dans ce domaine. Tous les quartiers vont donc recevoir la visite de cet éducateur santé, ainsi que 2 classes dans chacune des 6 écoles du village et du collège. Nous avons sélectionné les classes d’enfants de 9 ans et 11 ans.

Une petite vidéo devrait  être mise en place sur le site, dans le mois qui vient.
En ce qui concerne les enfants que vous suivez maintenant avec intérêt, je peux vous annoncer de bonnes et de mauvaises nouvelles 

  

¨      Bouchira va bien, elle grandit normalement et devient une très jolie petite fille, coiffée de petites tresses, parée de boucles d’oreilles… elle est superbe ! Elle a effectué sa rentrée scolaire comme elle me l’avait promis. Tout se passe très bien pour elle, pour l’instant, car elle y va avec plaisir. Elle boite malheureusement toujours énormément ! Je lui ai fait passer une nouvelle radio de la hanche qui révèle toujours une grande déminéralisation. Suzette lui a donné un traitement adapté, au long cours. De France, le rendez-vous que j’avais pris avec le médecin sœur Anne-marie Salomon, à Gao, n’a pu être honoré par elle au dernier moment ! Nous essaierons de nous contacter  depuis la France pour faire un bilan sur Bouchira.

¨      Alousseini, l’enfant borgne, marche totalement seul à présent, d’une démarche peu élégante, mais efficace !

¨      Idrissa, l’enfant que nous avons pris en charge pour l’opération de sa tumeur nasale va bien. Nous l’avons envoyé à Bamako, capitale du Mali à 1200 kms de Tacharane, comme prévu, avec sa grand-mère. Ils ont tous deux été reçus sur place par le frère du chef qui les ont accueillis durant les deux mois qu’à duré le séjour. Suite à des examens, tels que scanner, consultations de spécialistes, il avait été décidé d’attendre la présence d’une équipe de chirurgien français qui devait arriver début décembre. L’opération qui a duré 5 heures a donc été effectuée par ces chirurgiens en collaboration avec les neurochirurgiens maliens.  L’enfant a été trépané sur tout le sommet du crâne, d’une oreille à l’autre, l’accès par le nez étant impossible. L’opération s’est très bien déroulée, la cicatrisation aussi. L’enfant a pris du poids grâce à la bonne alimentation qu’il a reçue pendant ces 2 mois. Il est revenu sur le village deux jours après mon arrivée et j’ai donc pu lui rendre visite avec plaisir. La poche résiduelle de la tumeur sur le dessus du nez est encore visible, mais devrait se résorber petit à petit. Une deuxième consultation à Bamako est prévue au mois de mars/avril afin de faire le bilan de l’intervention par les chirurgiens.

¨      Les deux enfants orphelins vont également très bien. Ils n’ont à présent plus besoin de lait maternisé puisqu’ils s’alimentent normalement. Des sels minéraux ont été donnés à la petite fille chez qui on note un léger retard staturo-pondéral consécutifs  à ses problèmes digestifs de septembre dernier.

¨      La triste nouvelle est celle du très mauvais état de santé d’Abdhélraman. Depuis le mois d’octobre, suite à de nombreuses crises d’épilepsie consécutives, il est tombé dans une sorte d’état apathique, conscient mais incapable de rester dans une autre position qu’allongée. Il ne peut plus relever la tête,  ni les bras. Il a beaucoup maigri, et continue de convulser jusqu’à 10 fois par 24h malgré le traitement qu’il prend depuis son hospitalisation en octobre. Il accepte les boissons et la nourriture à base de bouillie, par petite quantité, plusieurs fois par jour. Sa grand-mère a été appelée à son chevet pour s’occuper de lui en l’absence de sa mère qui travaille au centre de santé du village.
Abdhélraman m’a reconnue et m’a tendu la main à plusieurs reprises pour obtenir un contact, comme il le faisait déjà auparavant.
Nous lui avons donné tous les médicaments qui lui sont nécessaires, mais il est dur de croire à un miracle, même si avant notre départ, il était mieux sur le plan respiratoire et digestif. Les crises d’épilepsie lèsent à chaque fois davantage le cerveau et créent des désordres neurologiques graves, comme par exemple des pics de fièvres importants, signe que le cerveau ne sait plus réguler la température du corps.

Désolée de terminer sur une mauvaise nouvelle, mais c’est malheureusement le quotidien de nos amis là-bas. Il nous reste nos actions et nos espoirs pour lesquels vous nous soutenez toujours aussi fidèlement. C’est pourquoi, je profite de ce compte-rendu pour renouveler mes remerciements sincères et amicaux,  et vous dire combien votre participation financière permet la mise en œuvre de projets urgents.

A bientôt

 

Annick Castan-Pons

           Présidente de l’association

 

 

 

 


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